NOUVEAUTES

Les dernières monnaies que j'ai acquises sont énumérées ci-dessous. Vous pouvez les consulter dans la liste ci-contre en cliquant sur le lien correspondant.

Septembre 2013
Hoël II : un nouveau lien pour ce duc avec un rare denier pour Rennes.
Alain IV : un nouveau denier à la croix rosacée pour Rennes.
Monnayage anonyme du XIIe siècle : un joli denier pour Rennes. 
Pierre Ier : un nouveau denier à la croix ancrée pour Guingamp.
Arthur II : un nouveau denier à l'échiqueté de Dreux au franc-quartier de Bretagne à quatre mouchetures pour Nantes. 
Jean III : un beau denier à l'échiqueté de Dreux au franc-quartier de Bretagne à trois mouchetures, une obole à l'échiqueté de Dreux au quartier biais de Bretagne à quatre mouchetures pour Nantes, un denier à l'écartelé de Dreux et de Bretagne pour Limoges, un double-denier à la légende BRIT.
Charles de Blois : un denier au portail tournois, un autre demi-gros à la couronne et aux trois lis.
Jean IV : un très rare demi-gros à la légende BRITO, un gros au cinq mouchetures pour Brest, un rare denier pour Hennebont, série à la titulature en bandeau : un blanc pour Nantes, un double-denier inédit pour Nantes, un denier pour Rennes.
Jean V : un blanc aux neuf mouchetures pour Vannes, un blanc à l'hexalobe pour Fougères.
François II : un blanc à la targe contremarqué pour Nantes.
Anne : un très rare Blanc à l'écu parti de France et de Bretagne pour Rennes.

Mars 2013
Geoffroy Plantagenêt : un nouveau denier au lis cruciforme.
Monnayage anonyme du XIIe siècle : un nouveau « petit denier » pour Nantes.
Anonymes aux armes de Dreux : un rare denier pour Nantes.
Jean III : un denier à l'écu écartelé de Bretagne et de Dreux pour Nantes.
Jean IV : un denier aux deux mouchetures dans le champs pour Rennes.
Jean V : un rare gros aux trois mouchetures dans le champs pour Nantes et six florettes pour Vannes.
Comté de Penthièvre : trois nouveaux deniers dont un à la croix du revers sans étoile.
Vicomté de Limoges : un rare denier pour Jean de Bretagne.

Présentation

« La Bretagne est, par sa numismatique, une des plus riches provinces de France. Pendant onze siècles, les princes bretons, sous le nom de rois, de comtes et de ducs, maintinrent leur indépendance, et cette longue période nous a légué de nombreux types de monnaies »
Alexis BIGOT, préface à l'Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne, Paris, 1857

Cette longévité que mentionne Bigot,  permettra une production monétaire riche et variée. Certaines monnaies vont ainsi s'inspirer de types royaux, du monnayage anglais ou flamand, alors que d'autres constitueront des types originaux. A ce titre, il est à noter que dans l'espace français, la cadière d'or d'Anne de Bretagne, monnaie frappée à Nantes, fut la première pièce portant une date (1498).

Les monnaies féodales bretonnes que je présente sur ce blog, et qui sont toutes issues de ma collection, permettront d'apercevoir une petite partie de ce formidable et passionnant monnayage.

Les différentes pages sont accessibles via les liens (en bleu) de la colonne de gauche. Pour avoir une vue agrandie de chaque monnaie, il suffit de cliquer sur les photographies. Le diamètre de chaque pièce est mesuré au plus large de celle-ci.

Sauf mention contraire, les textes en italiques pour chaque règne, ainsi que la description des monnaies sous les photos, sont tirés de l'ouvrage de Yannick Jézéquel, Les monnaies des comtes et ducs de Bretagne, Xe au XVe siècle, paru aux éditions Maison Florange en 1998. C'est à ce jour le catalogue le plus complet et le plus récent concernant le monnayage féodal breton.

Pour les monnaies bretonnes imitant les monnaies royales françaises, les ouvrages de référence seront pour les premières celui de Gildas Salaün, Répertoire raisonné des monnaies de la guerre de succession de Bretagne (1341-1365), édité par la Société Bretonne de Numismatique et d'Histoire en 2000 et pour les secondes celui de Jean Duplessy, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XI (987-1793), tome I, paru aux éditions Maison Platt en 1999.

Pour les monnaies de la vicomté de Limoges on se réfèrera à l'étude de Typhaine Bellat, Les monnaies de la vicomté de Limoges durant la domination bretonne (1275-1360). La collection du Musée Dobrée à Nantes, édité par l'Association Numismatique Armoricaine en 2012.

 Enfin il sera également fait référence à de nombreux articles parus dans les Annales de la Société Bretonne de Numismatique et d'Histoire (SBNH) ainsi que dans le Bulletin de la Société Française de Numismatique (SFN).

Bonne visite ! 

Heaume du duc de Bretagne François II

Evènements clés de l'histoire de Bretagne

Préhistoire :
Néolithique (3500 - 1500 avant Jésus-Christ) : apparition de la civilisation des mégalithes qui couvre la Bretagne de monuments pendant 2000 ans.

Protohistoire :
A l'époque celtique (625 - 1er siècle avant Jésus-Christ), on ne parle pas encore de Bretagne. Le territoire de l'actuelle Bretagne fait partie de l'Armorique, vaste fédération de peuples celtes réunis sous l'appellation de « confédération armoricaine », s'étendant de Pornic près de Nantes à Dieppe au nord du pays de Caux.

Le territoire est occupé par cinq peuples principaux :

- les Coriosolites (situés dans l'est de l'actuel département des Côtes-d'Armor, dans l'ouest de l'Ille-et-Vilaine et le nord-est du Morbihan),
- les Namnètes (résidant dans l'actuel département de Loire-Atlantique, en rive droite de la Loire),
- les Osismes (localisés dans l'actuel département du Finistère et la partie ouest des Côtes-d'Armor et du Morbihan),
- les Redones (résidant dans l'est de l’actuel département de l’Ille-et-Vilaine),
- les Vénètes (situés dans l’actuel Morbihan).

Antiquité gallo-romaine :
Le territoire de la future Bretagne, comme toute l'Armorique, fut conquis par les romains lors de la guerre des Gaules (1er siècle avant Jésus-Christ).
Le départ des légions romaines au Ve siècle favorisant les invasions angles et saxonnes venues de Germanie ainsi que les raids des Scots d’Irlande et des Pictes d’Écosse, les Bretons de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) émigrent massivement vers l’Armorique, distante d’un ou deux jours de mer, entre le VIe et le VIIIe siècle.
Ils ont donné leur nom à cette région, qui s'est longtemps appelée « Petite Bretagne » ou Bretagne continentale, par opposition à leur île d'origine.

Moyen-âge :
Ces immigrés d'outre-Manche doivent faire face aux tentatives de mainmise des puissants voisins francs, mérovingiens, puis carolingiens. A la suite de longues décennies de luttes, les souverains bretons Nominoë et Erispoë parviennent à tripler la superficie de leur territoire et à constituer un royaume dont les limites définitives seront fixées par le traité d’Angers en 851.

A la mort du roi Alain Ier « le Grand » en 907, les grandes dynasties (Cornouaille, Rennes, Nantes…) s’affrontent pour le contrôle du territoire breton. Les envahisseurs vikings profitent de la situation et s’ensuivent 32 ans de conflit qui auront pour principales conséquences l’exil d’une partie importante des communautés religieuses, la perte des territoires conquis entre 851 et 867 (Cotentin, partie de l’Anjou…) et la transformation du royaume en duché.

Reconstituée par le duc Alain II, dit Barbetorte et ses successeurs, la Bretagne est ainsi un duché qui reprend globalement les limites du traité d'Angers.
Les ducs continueront toutefois d’exercer les prérogatives royales de leurs prédécesseurs et maintiendront des alliances tant avec la famille royale française qu'avec la famille royale anglaise.
Dans le jeu de liens féodaux, la Bretagne devient ainsi un enjeu important entre le roi d'Angleterre (qui revendiquait le trône de France) et le roi de France.

Du Xe au XIVe siècle, malgré les conflits dynastiques et les interventions françaises et anglaises, les ducs de Bretagne parviennent à renforcer l’unité et l’administration de leur territoire jusqu’à la guerre de succession de Bretagne, qui débute en 1341. Le titre ducal est alors revendiqué par deux candidats : Charles de Blois, époux de Jeanne de Penthièvre, petite-fille du duc Arthur II par son premier mariage et Jean de Montfort, fils issu du deuxième mariage d’Arthur II.
L'arbitrage du roi de France, Philippe VI, est favorable à Charles de Blois, Jean de Montfort accepte quant à lui le soutien des Anglais. Après 20 ans de guerre, l'affrontement tourne en faveur des Montfort, Charles de Blois est tué en 1364 lors de la bataille d’Auray et Jean IV de Montfort monte sur le trône. Le traité de Guérande de 1381 marque la reconnaissance de la neutralité bretonne dans l’affrontement franco-anglais.

Les ducs de Bretagne, profitant des difficultés du pouvoir royal face aux grands féodaux, entretiennent comme d'autres fiefs une certaine indépendance politique vis-à-vis du roi de France, notamment à partir du XIVe - XVe siècle avec l'avènement de la dynastie des Montfort. Cette politique d'émancipation atteint son point culminant sous le règne de François II avec l'expulsion de l'administration royale.

Les nombreuses erreurs politiques et alliances contre le roi de France ainsi que l'opposition de la noblesse bretonne entraînent sa défaite en 1488 : suite à la révolte de grands féodaux contre le pouvoir royal lors de la « guerre folle », François II subit d'importantes défaites militaires en 1488 (bataille de Saint-Aubin-du-Cormier). Le traité de Sablé dit « traité du Verger » est signé par Charles VIII, roi de France, et François II le 19 août 1488. Il stipule que l’héritière du duché ne peut se marier sans l’accord du roi de France.

Fin de l'indépendance bretonne :
La dynastie des Montfort, qui régna plus d'un siècle sur une Bretagne alors en pleine prospérité, et pratiquement indépendante, finit par conclure une alliance avec la famille royale en 1491, par le mariage d'Anne de Bretagne, fille de François II, dernier duc de Bretagne, avec le roi de France Charles VIII, puis, en secondes noces avec le roi Louis XII. Leur fille Claude de France épousa François Ier, rattachant ainsi définitivement le duché de Bretagne à la couronne de France.